Les Echos du 14 novembre 2007
Butler va racheter 75 % de Virgin France à Lagardère
Le groupe Lagardère a annoncé être entré en négociations exclusives avec ButlerCapitalPartners en vue de lui céder une participation majoritaire. Virgin France pèse 400 millions d'euros de chiffre d'affaires.
L'enseigne Virgin ne disparaîtra pas du paysage commercial français. Un temps convoitée par la FNAC, la chaîne de magasins de produits culturels du groupe Lagardère devrait finalement tomber dans l'escarcelle de ButlerCapitalPartners, avec la bénédiction de Jean-Noël Reinhardt, le président de Virgin France. L'actionnaire, qui avait informé en juillet dernier la direction du distributeur de son intention de céder l'entreprise - laquelle exploite 34 magasins à l'enseigne Virgin Megastore (troisième chaîne de magasins multiculturels multimédias en France), le site de téléchargement de musique en ligne Virginmega.fr, la chaîne de librairies Furet du Nord (12 points de vente) et la librairie Payot -, a en effet diffusé hier soir après Bourse un communiqué confirmant l'information publiée plus tôt sur le site Lesechos.fr.
Lagardère a ainsi annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement de l'homme d'affaires franco-américain Walter Butler en vue de lui céder une participation majoritaire au capital du distributeur. Selon nos informations, ButlerCapitalPartners rachèterait environ 75 % des actions de la filiale de commerce spécialisé de produits de loisirs culturels de Lagardère Services (anciennement Hachette Distribution Services). « Nous resterons partenaires de ce projet, car nous sommes raisonnablement confiants dans l'avenir de Virgin », a commenté hier aux « Echos » Jean-Louis Nachury, PDG de Lagardère Services, qui entend « concentrer l'essentiel de nos ressources et de nos moyens dans le commerce de transport ». L'accord prévoirait d'ailleurs la cession à HDS des 50 % détenus à parité par Virgin dans les quatre magasins Music Railway, implantés dans les gares parisiennes et à Orly.
HDS avait acquis en janvier 2001 pour « moins de 150 millions d'euros payés en cash » les Virgin Megastore français (en France depuis 1988), plus divers droits d'usage « exclusifs et perpétuels » des marques Virgin et Virgin Megastore à l'international, qui rapporteront 135 millions de dollars en 2007. L'opération permettait à l'époque à Lagardère de sortir par le haut de son échec avec les magasins Extrapole, intégrés à la chaîne Virgin. Mais, depuis, le résultat d'exploitation de cette dernière a toujours été légèrement négatif, voire exceptionnellement à l'équilibre, tandis que le bénéfice net était lui significativement dans le rouge du fait d'une dette opérationnelle très lourde. Confrontée à la crise du disque, l'enseigne Virgin, qui va réaliser 330 millions d'euros de chiffre d'affaires hors taxes en 2007 sur un total de 406 millions (hors droits), a mis en oeuvre un repositionnement stratégique qui commence à porter ses fruits. A mi-novembre, ses ventes à surfaces comparables sont en hausse de 3,1 %, malgré une baisse de 20 % dans la musique et de 8 % pour la vidéo. « Hors ces deux rayons, sa croissance s'établit 18 % », précise Jean-Louis Reinhardt, avec + 7,3 % pour les livres, + 30 % pour la papeterie, + 36 % pour les jeux vidéo ou encore + 67 % pour les terminaux numériques.
Antoine Boudet
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