L'AFP du 24 janvier 2008

Publié le par l'archiviste

En attendant un pointage précis de notre participation, la dépêche de ce jour sur la manifestation est ci-dessous :

Les fonctionnaires en grève et dans la rue pour leurs salaires
 
La journée d'action des cinq millions de fonctionnaires, appelés à faire grève et à manifester jeudi dans toute la France par la quasi-totalité de leurs syndicats pour les salaires et l'emploi, semblait assez suivie jeudi dans l'Education nationale.

Un sondage de l'institut BVA, a fait état du "soutien d'une très large majorité de Français (57%) au mouvement social des fonctionnaires", ce qui constitue "une première pour un mouvement social depuis l'élection de Nicolas Sarkozy", selon l'Institut.

Soucieux de désamorcer la fronde, le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth a annoncé dès jeudi matin sur LCI qu'il proposerait le 18 février aux syndicats une augmentation du point d'indice, qui sert de base de calcul aux traitements, pour 2008.

"On négociera là-dessus", a-t-il indiqué, alors que les sept fédérations de fonctionnaires à l'origine du mouvement visant aussi à protester contre les réductions d'effectifs (CGT, CFDT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFTC) réclament l'ouverture "en urgence" de négociations sur ce sujet, "pierre angulaire" du pouvoir d'achat selon elles.

M. Woerth n'a toutefois avancé aucun chiffre, réaffirmant sa volonté de mettre en place un mécanisme individuel de garantie du pouvoir d'achat, avec d'autres critères que le point d'indice.

Côté syndical, l'objectif est d'atteindre le niveau de la précédente journée d'action, le 20 novembre, avec le même mot d'ordre: près d'un agent de l'Etat sur trois avait alors fait grève et 350.000 (police) à 700.000 personnes avaient manifesté dans toute la France.

Des manifestations ont commencé dans la matinée en province comme à Caen, Strasbourg, Le Havre, Le Mans. A Paris, le cortège devait partir à 14H00 de la Place de la Bastille.

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a espéré que cette journée soit "réussie", afin de pousser le gouvernement à "changer de position", car "pour l'instant la situation est bloquée".

Dans l'Education nationale, un secteur qui supporte la moitié des suppressions de poste prévues en 2008 dans la fonction publique d'Etat (11.200 sur 22.900), le mouvement était suivi par 34,21% des personnels selon un premier comptage du ministère, contre 38,9% en moyenne à la mi-journée pour l'ensemble des enseignants du primaire et du secondaire le 20 novembre.

La FSU, principale fédération d'enseignants, a avancé quant à elle une moyenne 55% de grévistes dans les collèges et lycées (58% le 20).

Cette journée doit aussi servir de test à l'organisation d'un service minimum d'accueil par les communes volontaires dans les écoles primaires fermées pour cause de grève, ce qui a alimenté le mécontentement des syndicats.

La grève concerne également la fonction publique territoriale, très mobilisée en Ile-de-France selon la CFDT, et les agents des hôpitaux publics, où la direction faisait état d'un taux de grévistes de 11,7% à midi.

Des préavis de grève ont aussi été déposés à La Poste: dans la matinée, la direction a recensé 9,46% de grévistes contre 20% selon Sud-PTT.

Les transports aériens et terrestres n'étaient pas affectés par le mouvement.

Enfin, à l'appel de FO, la CFTC et Solidaires, des salariés du privé, comme ceux de Virgin, devaient aussi manifester.

"Dans le privé, on avait demandé des choses très simples, comme un coup de pouce du Smic, ça a été refusé", a souligné sur France 2 le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui devait défiler à Paris. "Les heures supplémentaires et les jours de RTT ça ne concerne pas tout le monde", a-t-il dit.

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