L'AFP du 23 janvier 2008

Publié le par l'archiviste

L'appel intersyndical à la manifestation du 24 janvier est repris ci-dessous :

Le ton monte sur le pouvoir d'achat, avant la grève des fonctionnaires jeudi
La question du pouvoir d'achat prend de l'ampleur sur la scène syndicale face au discours du gouvernement, partisan du "travailler plus pour gagner plus", et avant une journée d'action des fonctionnaires pour les salaires jeudi. 

Après les voeux de Nicolas Sarkozy aux "forces de la Nation" (patrons, syndicalistes, enseignants...) mercredi dernier, les dirigeants des principales centrales syndicales ont tous déploré l'absence de réponse sonnante et trébuchante sur le pouvoir d'achat.

Tout en revenant sur cette question, le président a une nouvelle fois affirmé que la seule façon de l'améliorer était de travailler davantage.

Jugeant ce discours "culpabilisateur à l'égard des salariés", le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a prévenu vendredi : "Les augmentations de salaires, il va falloir aller les chercher nous-mêmes."

Nicolas Sarkozy, qui avait fait du pouvoir d'achat un thème majeur de sa campagne électorale et de ses premiers mois au pouvoir, a fait volte-face début janvier, affirmant qu'il ne pouvait vider "des caisses déjà vides" et jugeant "absurde de réduire le débat politique" à cette question.

Ce mercredi, le président recevra officiellement le rapport de la Commission Attali présentant 314 préconisations d'inspiration libérale censées doper le pouvoir d'achat en favorisant la baisse des prix.

Mais, pour M. Thibault, "les salariés constatent chaque jour l'écart entre ce qui se passe au niveau des dépenses", notamment "la hausse des postes transport, logement, énergie, santé", et l'absence "d'évolution significative sur les ressources, c'est-à-dire les salaires".

Le responsable cégétiste a précisé qu'il était en discussion avec les autres organisations syndicales pour mobiliser les salariés sur la question des salaires "début février" dans le cadre d'un mouvement "interprofessionnel".

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque réfléchit lui aussi à un mouvement début février. Il a indiqué que sa centrale cherchait "le bon moyen d'action" pour faire avancer ses revendications en matière de pouvoir d'achat.

Cette mobilisation s'inscrirait dans la foulée de la journée d'action prévue jeudi dans la fonction publique, principalement sur les salaires, à l'appel de sept fédérations de fonctionnaires sur huit.

Ces fédérations (CGT, FO, FSU, CFDT, CFTC, Unsa et Solidaires) ont appelé "à participer massivement à la grève et aux manifestations" pour "le rattrapage des pertes de pouvoir d'achat et l'ouverture immédiate de véritables négociations salariales".

"Alors que la journée de mobilisation du 24 janvier est connue de longue date, les ministres ont décidé de n'ouvrir aucune réelle négociation d'ici là", déplorent-elles dans un communiqué commun, défendant également "l'emploi public", le "statut" des fonctionnaires et "un service public de qualité".

Force Ouvrière, qui a appelé les salariés du privé à se joindre à ceux du public pour l'occasion, estime que "la revalorisation du pouvoir d'achat est une urgence absolue", après l'annonce par l'Insee d'un taux d'inflation de 2,6% sur les douze derniers mois, un record depuis 2004.

La CFTC et l'Union syndicale Solidaires ont elles aussi appelé tous les salariés, du public comme du privé, à participer à cette journée d'action. "Le coût de la vie augmente, les salaires stagnent, le pouvoir d'achat baisse", déplore notamment la CFTC.

Dans les entreprises, des mouvements de protestation ont déjà eu lieu fin 2007 pour les salaires, notamment dans la distribution. Chez Virgin, une intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et Sud a appelé dimanche à se joindre aux manifestations jeudi.

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