Le tract de Sud du 12 janvier 2008
L'AMBITION DANS LE DÉCLIN
Cette formule, prononcée par Jean-Noël Reinhardt, notre PDG, lors d’une réunion du Comité d’Entreprise consacrée à notre cession, résume bien la situation de l’enseigne en ce début d’année : le dernier bilan économique et social, présenté par notre expert-comptable au CE, fait état d’une situation toujours tendue pour 2006-2007. Dans le même temps, Lagardère a annoncé, le 28 décembre dernier, la signature d'un protocole d'accord définitif sur la prise de participation majoritaire du fonds d'investissement Butler dans le groupe Virgin. Cette opération reste soumise à des autorisations réglementaires et juridiques qui devraient permettre sa réalisation au début de cette année.
La cession de Virgin, acquis par Lagardère en 2001, s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de recentrage du groupe sur des activités de commerce dans les lieux de transports et d’utilisation de la marque sur d’autres supports (TV et radio).
Le 23 novembre 2007, le CE de Virgin et celui du libraire lillois le Furet du Nord avaient voté en faveur de cette cession. Seul SUD avait voté contre tout en exigeant un pacte économique et social pour assurer la pérennité de nos emplois et l’amélioration de nos conditions de travail. L’élaboration de ce pacte se fait toujours attendre… Espérons que le volontarisme dont semble faire preuve les dirigeants de Butler et l’arrivée, ce mois-ci, d’une nouvelle DRH le permettront.
Les conséquences de la cession, la vie de l’enseigne et vos réactions à voir sur le blog http://cdvirgin.over-blog.com/
Les premières dates à retenir en 2008 chez Virgin :
- le 1er février : négociation sur notre convention d’entreprise et la Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Carrières (GPEC),
- en mars : début de la négociation salariale annuelle,
- le mercredi 3 décembre : élections prud’homales.
2008, pour nous salarié-es, c’est aussi : l’instauration de franchises médicales et du service minimum dans les transports, des négociations sur la représentativité des syndicats, le contrat de travail et sa durée légale, la fusion ANPE/ASSEDIC… et autant de mauvais coups auquel il faudra bien répondre lors d’une année que nous vous souhaitons la meilleure possible !
Touche pas à mon dimanche !
En 2008, le gouvernement veut également généraliser le travail dominical :
- en portant de 5 à 8 ou 10 le nombre de dimanche « exceptionnellement » ouverts,
Pourtant, les arguments en faveur du travail le dimanche ne tiennent pas :
Le budget des français-es n’étant pas extensible, l’argent dépensé ce jour-là pourrait tout autant l’être un autre jour de la semaine…
- Ça crée des emplois :
Précaires et à temps partiel, uniquement pour le week-end !
- C’est sur la base du volontariat :
La répression mise en échec
Amandine, vendeuse vidéo, militante SUD et Conseillère du salarié Solidaires au magasin des Grands Boulevards, a bien été réintégrée le 13 décembre 2007 à son poste de travail après un an de lutte.
Grâce à cette mobilisation, la direction s’est résolue à appliquer la décision de justice ordonnant la nullité du licenciement de notre camarade suite à son éviction illégale et arbitraire de l’entreprise en décembre 2006.
Sylvain, libraire et représentant SUD au Virgin de Saint-Quentin, a lui été à nouveau sanctionné par sa hiérarchie en raison de son activité syndicale. Une manifestation de soutien a été organisée devant son magasin le 21 décembre dernier obligeant la direction à amoindrir sa sanction (un avertissement). La lutte continue devant les Prud’hommes en février prochain pour faire condamner cette discrimination.
Enfin, la justice a condamné la direction à verser 1000 € à SUD pour avoir contesté de façon dilatoire notre représentativité dans l’entreprise.
Ces bons résultats signent l’échec de la stratégie d’attaque systématique de la direction à l’égard d’un syndicat indépendant et actif comme le nôtre. Nos collègues de Bordeaux ne s’y sont pas trompés en faisant appel à nos représentants pour faire respecter les 35 heures spécifiques à leur établissement que la direction remet en cause.