Lip sur Gard

Publié le par l'archiviste

La solidarité s’appuie sur le champignon

Pour sauver leur conserverie, les salariés de la Compagnie Mont-Lozère se tournent vers la population, bocaux en main.


Au 83e jour d’occupation de la conserverie de Branoux-les-Taillades dans le Gard, les 22 salariés de la Compagnie Mont-Lozère (CML) appartenant au groupe France Champignon, lui-même propriété du fonds de pension Butler Capital Partners, ont décidé de mettre le stock à disposition de la population. Rappelons que ce conflit a débuté le 5 juin, date à laquelle la direction a brutalement décidé de fermer le site.


C’est après une rencontre infructueuse jeudi, à la Direction départementale du travail, à Nîmes, entre la CGT et la direction de l’entreprise, que la décision a été prise de lancer un appel à la solidarité par des dons en échange de lots de bocaux de cèpes, morilles et autres champignons.


Anne Garetta, de la fédération CGT de l’agroalimentaire, présente à Nîmes jeudi, indiquait qu’« il s’agissait de revendiquer haut et fort la reprise de l’entreprise. France Champignon, au travers de l’intervention du préfet, doit trouver un repreneur ». La CGT, reçue par le directeur de cabinet du préfet, demande la tenue d’une table ronde « de façon urgente qui réunirait représentant du gouvernement, patrons de France Champignon et le syndicat CGT des salariés », le syndicat affirmant que « rien ne justifie la fermeture de la conserverie, qui est viable et rentable » d’autant, disent les salariés, qu’ils ont obtenu des engagements financiers chiffrés des collectivités territoriales pour la relance de leur usine représentant 50 % de la somme nécessaire. Rappelons que la direction invoque, parmi les raisons de la fermeture, la nécessité d’une modernisation de l’outil productif.


Cette modernisation, France Champignon s’est refusée à la mettre en oeuvre alors que la société « s’est accaparée des bénéfices, fruit du travail des salariés », précise aussi le syndicat qui réclame, pour la pérennité de l’emploi, que la direction « s’engage à mettre l’outil de travail aux normes actuelles de production et à trouver un repreneur sérieux », écrit notamment Gérard Denant de l’UL CGT d’Alès au préfet du Gard.


Pour Anne Garetta, « il s’agit d’une simple délocalisation déguisée car ils vont envoyer la moitié de leur production en Pologne et l’autre moitié dans les Landes. Nous ne voulons pas de négociations de marchand de tapis sur l’indemnité supra légale, car dans tous les cas, on sera en deçà de tout ce qu’on peut revendiquer ». À Branoux-les-Taillades, alors que le conflit a pris une nouvelle dimension, des actions se préparent pour cette semaine et on espère pour ce lundi matin une réponse du préfet.


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