Journée d'action sociale
Malgré une mobilisation mitigée, des syndicats veulent poursuivre le mouvement de protestation
Les manifestations contre les réformes des retraites et du temps de travail ont rassemblé mardi 500 000 personnes dans toute la France, a annoncé la CGT. Malgré cette mobilisation mitigée, loin des 700 000 manifestations du 22 mai, ce syndicat et la CFDT veulent poursuivre le mouvement.
A Paris, la préfecture de police a annoncé 18 000 manifestants mardi contre 28 000 le 22 mai. Les syndicats ont revendiqué 55 000 participants, contre 70 000 il y a trois semaines. La plupart des défilés de province étaient également en baisse.
La CGT et la CFDT ont décidé d'inscrire leur action dans la durée, en appelant à préparer des initiatives «pour une rentrée en fanfare». La CGT a d'ores et déjà proposé un rendez-vous le 7 octobre, jour d'une mobilisation internationale.
L'UNSA-Education a également proposé aux autres organisations de l'enseignement une journée nationale en octobre, à une date qui reste à décider.
Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, «la division syndicale a manifestement pesé» mais «ce n'est pas un baroud d'honneur». FO, la CFTC, la CFE-CGC et l'UNSA ont boudé cette journée, reprochant à la CGT et à la CFDT d'avoir signé avec le patronat un texte ouvrant la porte à un aménagement des 35 heures.
Ports bloqués
Le numéro un de l'opposition socialiste, François Hollande, a estimé que cette journée d'action était «une des journées les plus importantes du quinquennat de Nicolas Sarkozy» et marquait «la fin d'un pacte social».
Plusieurs ports étaient eux paralysés par une grève des agents qui protestent contre un projet de réforme prévoyant la privatisation de la manutention, au premier jour de l'examen du texte par les députés.
Les terminaux des ports autonomes de Nantes/Saint-Nazaire (ouest), du Havre (nord-ouest), de Marseille(sud), le plus important de France, et de Dunkerque (nord) étaient bloqués en raison de l'appel à la grève de 48 heures.
Perturbations en région
Cette journée a en revanche engendré peu de perturbations dans les transports, en particulier à la SNCF et à la RATP. Le trafic TGV et grandes lignes était normal mais les Trains express régionaux (TER) ont connu «quelques perturbations» dans le Sud, notamment en Aquitaine, Languedoc-Roussillon, et en Midi-Pyrénées, selon la SNCF.
La circulation des trains était aussi perturbée sur le réseau Transilien de Paris Saint-Lazare, avec une prévision de trafic de 65 % en heure de pointe. Les transports en commun étaient peu affectés à Paris.
Dans l'Education, le SGEN-CFDT et la FSU ont eux appelé «tous les personnels» à se mobiliser tout en leur demandant de ne pas perturber les épreuves du baccalauréat. Selon le ministère, il y avait 2,68 % de grévistes à la mi-journée.
Les syndicats s'opposent à l'allongement à 41 ans en 2012 de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein et au large assouplissement des 35 heures prévu par le projet de loi qui sera présenté mercredi en conseil des ministres.

