Une réunion de non-négociation
NÉGOCIATION SALARIALE 2008 :
UNE SÉANCE POUR RIEN !
Pour cette deuxième réunion de négociation, la direction a réussi le tour de force de ne proposer ni pourcentage d’augmentation, ni montant de revalorisation de notre grille de salaire… Le mot « euros » était devenu tabou pour eux !
Notre intersyndicale, plus soudée que jamais, a pourtant fait la contre-proposition suivante (les montants sont en brut) :
è Pour les employé-e-s :
· Une revalorisation de la grille des salaires :
| Coefficient | Revendication 2008 | Remarque |
| I.2 | 1350 € | SMIC au 1er mai 2008 : 1308 € |
| I.3 | 1380 € | Au bout d’un an |
| II.1 | 1420 € | Qualifié-e |
| III.1 | 1500 € | Expérimenté-e |
· Pour celles/ceux en dehors de la grille de 2007, 4 % d’augmentation (l’inflation 2008 est à 3,2 %).
è Pour les agents de maîtrise :
· Une revalorisation de la grille des salaires et la création d’un nouveau coefficient IV.3 (anciennement P.2 pour les cadres) :
| Coefficient | Revendication 2008 |
| IV.1 | 1620 € |
| IV.2 | 1880 € |
| IV.3 | 2000 € |
è Pour les cadres :
· Une revalorisation de la grille des salaires :
| Coefficient | Revendication 2008 | Remarque |
| P.3 | 2773 € | Plafond Mensuel Sécurité Sociale |
| P.4 | 3048 € | Minimum conventionnel actuel |
è Pour les employé-e-s et les agents de maîtrise :
· Le calcul de la prime d’ancienneté doit concorder avec le nombre d’années de présence et évoluer après 15 ans d’ancienneté.
è Pour tout le personnel :
· Augmentation du Ticket restaurant à 7,80 € avec 60 % de prise en charge par l’employeur ce qui permettrait de déjeuner mieux tout en maintenant la contribution mensuelle actuelle de chaque salarié-e.
Durant plus de trois heures, la direction a renvoyé aux calendes grecques toute perspective réelle d’augmentation salariale et répondu à nos attentes en matière d’amélioration du pouvoir d’achat par la mise en place d’un intéressement, la modification des règles de calcul du bonus, l’obtention conditionnelle de samedi de repos…
Pour répondre à nos revendications, la direction s’honore du fait que tous les temps pleins auront désormais un salaire net à quatre chiffres, hors prise en compte de la carte orange et des tickets restaurants… mais qui ne se déplace pas et ne déjeune pas pour aller travailler ? On est loin du compte et des exigences que nous défendons !
Le représentant de Butler, notre actionnaire, rencontré le matin même par des représenant-e-s syndicaux de l'enseigne fait encore plus fort : il prône un retour à l'équilibre par une « nécessaire maîtrise de la masse salariale » et rappelle que, dans d'autres sociétés, il n'a pas hésité à geler les salaires ! Dans le même temps, il attend des équipes qu’elles se motivent pour développer la marge, tout en restant aussi peu nombreuses et avec plus de travail comme la gestion des produits dérivés par les disquaires par exemple. Bref, travaillons plus pour gagner moins !
Lors de la prochaine et dernière réunion, la direction ferait enfin des propositions concrètes en matière d’augmentation de salaire. On attend de voir... pour pleurer de bonheur ou de désespoir ?
En attendant, pas une semaine ne passe sans que n’éclate une lutte pour les salaires (la Fnac, La Redoute, Monoprix, Picard…). Demain, pourquoi pas nous ? Le résultat de cette négociation donnera le ton de l’ère Butler ; à nous, tous ensemble, de montrer que nous avons du répondant et que la remise à flot de l'entreprise ne passe pas par une précarisation de la situation des salarié-e-s !
LA DERNIÈRE RÉUNION EST PRÉVUE VENDREDI 25 AVRIL